Stage de cours au studio Harmonic 

Après plusieurs semaines en off sur le blog, je reviens avec ce retour d’expérience dans un studio de danse très connu de la capitale : le Studio Harmonic.

Après ma formation BPJEPS, l’été dernier, j’ai (déjà) entrepris un virage à 180 degrés pour aller explorer d’autres domaines. Comme je l’avais indiqué dans une slide de ma présentation powerpoint de ma soutenance orale du BP, une des caractéristiques de mon activité est qu’elle se situe à la frontière des domaines du fitness (que j’ai donc appréhendé en profondeur via ma formation Eficiencia), du yoga (car mon intervention en yoga ne couvre qu’une infime partie de ce que le Yoga est vraiment, évidemment …) et … la danse.

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Sur ce dernier point, je ressentais le besoin d’explorer ce monde là, très exigent, très profond, et réclamant une rigueur et une conscience extrêmes.

Il ne s’agissait pas pour moi de faire de la danse proprement dit, mais de voir dans un premier temps ce que l’on enseigne dans les cours annexes que l’on propose aux danseurs, à savoir les cours d’assouplissement, de barre au sol, de Pilates et de yoga spécifiques.

De quoi un danseur a-t-il besoin et comment répond il à ses besoins là ? Quid du travail respiratoire ? Ces questions m’ont titillé depuis que, depuis mon travail en mai dernier, on m’ait demandé d’étudier la possibilité de créer un cours dansé … en yoga (et en musique évidemment). Le slide montre les influences, mais faire converger ces mondes là, je ne sais pas faire. Certes des cours en musique existent, mais ils ne reposent pas sur une chorégraphie.

Je me suis donc orienté vers le Studio Harmonic, très réputé avec ses professeurs de renom, pour me plonger dans ce milieu. Je n’en ai pas été déçu et je continue aujourd’hui à prendre des cours chez eux.

Le Studio Harmonic, c’est 6 salles de danse, tout équipées, avec le pianiste qui accompagne le cours, les miroirs, les parquets … et l’hôtesse à l’entrée de la salle qui récupère les tickets d’entrée, comme au théâtre ou à l’époque au cinéma. Il faut dire que les cours les plus prisés peuvent attirer plus de 70 personnes. Autant dire que je ne connais pas d’équivalent en yoga, les studios conférant plus à la convivialité et parfois la promiscuité. Dans les salles de sport en revanche, on a l’habitude d’une atmosphère où l’on se sent inconnu et totalement isolé. Là bas, une énergie incroyable se dégage dans les couloirs, en croisant même des personnalités. J’avais retrouvé cette atmosphère de conservatoire au centre du Marais également.

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Des professeurs de renom et réputés

Ici les professeurs affichent des CV impressionnants : ballets, opéras, grandes comédies musicales, Broadway, Bolchoï, des chorégraphes internationaux, j’en passe et des meilleurs. Beaucoup de gens se déplacent de province pour venir y danser. En juillet, là où les studios se vident, c’était complet.

Le fitness reste un art délicat assez extérieur en regard de ce qui se fait là, même s’ils proposent des cours de fitness aussi ! Et oui, la zumba, cela reste de la danse !! Et ça s’appelle « Zumba Fitness » … J’ai pu constater l’image un peu décalée du fitness chez les professeurs de danse, avec parfois un sourire en coin. Ce jour là, mon short Les Mills ne m’avait donc pas servi … J’ai aussi discuté avec des danseurs professionnels qui avaient pu prendre en charge des cours chorégraphiés de fitness, et ils ont reconnu l’extrême difficulté d’assurer de tels cours, que ce soit sur la musique, le rythme ou les mouvements.

J’ai dans un premier temps fréquenté les cours d’assouplissement. Un danseur sachant danser ne pratique pas le stretching (mot qui fait rire là bas, c’est déjà un signe …) ni du Body Balance, pour travailler sa souplesse. Ce point est primordial pour eux, afin d’acquérir la mobilité nécessaire à l’expression de leur art. L’assouplissement est vraiment la base de la base. Qui ne sait pas s’assouplir ne peut donc pas danser …

Les techniques sont bien plus longues, hyper précises, et comme le répète Robert, les seuls alliés sont le temps et la respiration. Il n’y a rien de plus. Et on enchaine les routines, en faisant et en faisant encore.

Comme la recherche évolue, les danseurs ont intégré à leur routine les connaissances les plus abouties pour mieux travailler leur technique d’assouplissement. Aucun travail en force, et un ciblage non pas des muscles, mais des enveloppes musculaires (l’aponévrose qui entoure les cellules musculaires et se rejoignent au niveau du tendon sur l’os). Ce sont ces zones là que les danseurs cherchent à allonger, et pas les muscles eux mêmes.

De plus, il avait été bien dit que le stretching servait à faire retrouver au muscle son élasticité initiale, surtout après un effort cardio de course à pied par exemple, après qu’ils aient été fortement contractés. Cela a été dit en BPJEPS, cela a été rappelé au studio, car le muscle est élastique par nature, donc cqfd.

D’autres professeurs proposent des routines d’assouplissement basés sur des contractions au niveau du plancher pelvien, et une expiration qui tend à allonger les muscles. Cela ressemble à une forme de pilates mais l’idée est de pouvoir étirer les muscles en les laissant en contraction. Cela s’apparente à des successions de contractés relâchés.

Des cours inspirés de méthodes diverses

Les cours de barre au sol sont intéressants pour qui veut gagner en mobilité du bassin. D’un professeur à l’autre, la méthode change. On est dans une approche qui tend vers la danse, avec la musique et parfois même des mouvements sur lesquels il faut compter. Tout se passe la aussi au sol.

Les cours de yoga et de pilates sont plus exigeants. J’ai rencontré des personnes qui n’avaient jamais fait de yoga. De par leur dextérité, leur force et leur souplesse, ils sont capables de faire n’importe quelle posture. Pour autant, sont-ils déjà avancés en yoga ? La question m’interroge, mais j’ai mon idée de la réponse.

Le cours de yoga

J’ai identifié trois types de pratique dans ce studio.

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L’influence ayuervédique :

Le positionnement du souffle et de la respiration est déterminante. J’ai suivi un cours avec un professeur indien (pas danseur du tout mais plutôt porté sur l’ayurveda) qui enchainait des postures de façon très dynamiques et pour certaines, très difficiles. Puis il a arrêté la séance, donné deux trois conseils concernant l’importance de bien mastiquer les aliments, avant ensuite de demander à la classe :

Pourquoi êtes-vous là ?

Et c’est à partir d’ici que cela devenait intéressant. Les gens se sont regardés en avançant très timidement des arguments du genre

pour trouver l’énergie, pour s’assouplir, etc.

Cette approche, dans un tel lieu, en dit long sur la façon dont le yoga vient aux danseurs. J’ai beaucoup aimé et en même temps j’ai quand même transpiré.

Il y a ensuite des cours influencés par le vinyasa. La jeune professeure a été formée chez Gérard Arnaud comme moi. On dira que c’est un cours V2-V3 environ, donc des enchaînements dynamiques avec des postures inversées (à la différence que ces dernières ne sont pas imposées). Ce type de pratique est bien adapté aux exigences et aux besoins des danseurs. D’ailleurs il y a toujours eu chez Gaya beaucoup de danseurs qui sont devenus profs.

Un dernier type de cours (que je n’ai pas suivi) focalise sur l’approche de postures, sans toutefois être dans de l’iyengar : ponts, chandelles, et tout ce répertoire habituel semble là appréhendé d’une manière statique avec des démonstrations et des corrections personnalisées. Les postures semblent très avancées, mais proposées à tous.  Il faut dire que les cours de yoga se déroulent en tout petit groupe, donc c’est vraiment parfait, et ils sont labellisés « tous niveaux ». Vous voilà prévenus 😉

Les cours de yoga sont donc issus de ce que l’on trouve dans les studios, avec les mêmes orientations. La différence restant que l’approche posturale, de par la grande flexibilitét force de ce public, demeure prépondérant. Un danseur professionnel peut faire tout type de posture, même s’il n’a que très peu pratiqué dans sa vie. Pour autant, cela en fait-il un yogi dit « avancé » ? J’ai mon idée sur la question, surtout qu’il n’y a aucune tendance spirituelle ou de méditation proposée, mais on garde toutefois les « Om » 😉

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Les cours de Pilates

Les danseurs aiment le Pilates, et c’est reparti pour une heure. J’ai suivi la prof tant bien que mal. Le début était très orienté vinyasa, pour chauffer le corps dans son ensemble. Avec des chiens tête en bas, des enchaînements sur lesquels je n’ai pas identifié dans l’immédiat d’approche abdominale.

Ce n’est que dans un second temps que les exercices ont focalisé sur les muscles profonds, à travers des routines très dynamiques et qui demandent un grand contrôle. Cette approche correspond donc à un niveau adapté aux danseurs dans leur approche de la mobilité du bassin et du maintien de la posture. Nous n’étions pas loin d’un cours de bare au sol sur certains aspects.

Dans tous les cas, les professeurs sont tous et toutes des danseurs ou des chorégraphes. Leur approche est donc passionnante.

Et la danse alors, c’est pour quand ?

Mes discussions ont porté sur ma faculté à suivre un cours de danse (préférer le classique m’a-t-on dit … ;-)). Ici je dois me préparer encore mentalement, même si pas mal d’hommes assistent à ces cours. On m’a recommandé d’y aller plein de fois. Ici aussi, à l’inverse des danseurs appréhendant un cours de yoga, j’attends de voir, sur les mouvements, comment la respiration se place, ce que cela signifie, et comment circulent les énergies sur de telles chorégraphies. Les danseurs recherchent la légèreté, la fluidité, donc un mental apaisé pendant leur représentation, qui exige un placement du corps et des amplitude de mouvements optimaux.

Ici aussi je reviendrai livrer mes impressions une fois cette étape franchie.

Radar du web

Site du studio Harmonic

Site du centre de danse du Marais, qui propose aussi de très nombreuses activités connexes à la danse (le concurrent)

(c) image d’illustration Studio Harmonic